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Rencontre avec Amélie Nothomb

«  Pendant six ans, j’étais présentée comme celle qui avait gagné le Prix Alain-Fournier.  »

Chez Albin Michel, dans le 6ème arrondissement de Paris, les portraits alignés des auteurs à succès de la célèbre maison d’édition ornent les murs d’un petit salon. Deux hôtesses sont à l’accueil; L’une d’elle lit.
Amélie Nothomb arrive, souriante, amène, contrastant avec le marbre gris et froid du lieu.
A quelques pas de là, une porte franchie et c’est un long et étroit couloir qui apparaît. Et partout, de chaque côté, des portes et des portes. C’est l’une d’entre elles qu’Amélie pousse. Derrière, son bureau. Minuscule. 4m2. il est envahi de livres et de papiers. Au mur, un portrait de Louise Brooks et à côté, des dessins et des photographies. C’est là son espace bien à elle. Depuis plus de vingt ans. Vingt ans de fidélité, «  ce qui est peu fréquent chez les best sellers  ». Albin Michel est comme une seconde maison. «  Nous sommes plus de cent personnes à travailler ici et j’y compte trois de mes meilleurs amis  », un «  nous  » qui traduit parfaitement les liens étroits d’amitié et de confiance qui l’unissent à son éditeur.
Son nouveau manuscrit est prêt. Le 21ème officiellement publié mais en fait, son 73ème. Et elle avoue écrire actuellement son 75ème roman. L’écriture est pour elle comme une drogue. Sa priorité absolue.
Quelle que soient ses obligations ou les circonstances. Levée au plus tard à 4h, elle s’astreint chaque jour à quatre heures d’écriture avant toute autre chose. «  Un seul jour, en septembre 1997, j’ai essayé de vivre le dimanche d’une personne normale; ce fut une expérience désastreuse, comme une crise d’adolescence qui m’a fait comprendre la nécessité de respecter cette discipline  ».
Dix neuf ans déjà…
Sa mémoire est étonnante. Toute sa vie est soigneusement rangée et il n’y a qu’à la solliciter pour retrouver du même coup faits et dates avec une précision époustouflante. C’est dans ces instants que l’on peut, sans peine, imaginer la fluidité de la rédaction de Métaphysique des tubes relatant les souvenirs de sa petite enfance au Japon.

Hygiène de l’assassin, pour lequel elle a reçu le Prix Alain-Fournier, était en réalité son 11ème roman mais «  le 1er lu par des personnes  », autre qu’elle-même. Elle se souvient avec émotion de cette journée d’avril 1993 où elle a appris que le Prix lui avait été décerné, six mois après sa sortie. «  C’était mon tout premier Prix littéraire et le premier fait toujours le plus d’effet, même si j’en ai eu d’autres plus tard. Jusqu’à l’obtention du Prix de l’Académie Française en 1999, j’étais présentée comme celle qui avait gagné le Prix Alain-Fournier.  »

Ecrivain. Cela ne s’improvise pas. Pour elle, le métier passe par une lecture. Comme un conseil qu’elle prodigue à celles et ceux qui veulent tenter l’aventure des mots : lire Lettres à un poète de Rainer Maria Rilke, qui recèle une réflexion sur l’acte littéraire et constitue «  un chef d’œuvre qui contient ce qui convient à tout artiste, à tout être humain  ».
Le magicien de l’adolescence
Elle décrit Alain-Fournier comme «  le magicien de l’adolescence  », et son Grand Meaulnes «  a enchanté (ses) quatorze ans. C’est un livre qui compte beaucoup pour moi, il y a tellement de poésie  ». Cet ouvrage l’a aidée à appréhender l’Europe et son retour en Belgique à l’âge de 17 ans.
Elle souligne qu’elle est plus sensible au style d’Alain-Fournier qu’à celui de George Sand, mais que «  le personnage force l’admiration en tant que première femme libre, pionnière de l’amour  » et «  qu’actuellement ses positions restent encore audacieuses  ».

Depuis l’obtention du Prix Alain-Fournier, Amélie Nothomb participe chaque année à l’attribution du Prix et prend toujours part au vote.
Mais ce que l’on sait moins d’Amélie Notomb, c’est qu’elle est une boulimique de lecture. Pour preuve, 48 heures après la transmission des trois derniers romans en lice, elle fait immédiatement part de son choix. En effet, elle les a déjà lus  !

Présidente du Livre Inter, remis le 4 juin prochain, elle n’a pris part, ni au choix des ouvrages, ni à celui des jurés. Elle s’attend néanmoins à participer activement aux discussions lors des délibérations lorsque les jurés se retrouveront avec elle «  enfermés comme dans une sorte de conclave  », les 3 et 4 juin prochains.

Pour avoir fréquenté nombre de jury, elle conseille d’ailleurs à ses membres de ne pas être trop influençables, d’avoir confiance en eux et en leurs choix, «  comme lorsqu’on est amoureux  ». Mais le conseil est là. Pragmatique. Et de déplorer «  le peu de tolérance dont font preuve certaines personnes pour le goût des autres  ».
In petto, on se met à rêver de la voir revenir à Saint-Amand-Montrond, non pas pour recevoir un prix mais pour en remettre un. A l’occasion du 30ème Prix Alain-Fournier ? La proposition semble la séduire : « Ce serait un honneur et j’accepte sous réserve que vous m’aimiez encore d’ici là ! »
Amélie sourit. Nous aussi. Rendez-vous en juin 2015.

 

28ème Prix Alain-Fournier

Après Les heures silencieuses, paru en 2011, Gaëlle Josse est récompensée pour son 2ème roman Nos vies désaccordées. La remise du Prix a débuté par un moment privilégié d’échange et de convivialité autour du livre entre les 14 membres du jury et Gaëlle JOSSE. En fin...

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Prix Alain Fournier 2013

Le samedi 1er juin 2013 à 17h30 sera remis le 28ème Prix Alain-Fournier à la Cité de l’Or.

Cette année est l’année du centenaire de la sortie du Grand Meaulnes, aussi Alain-Fournier est-il mis à l’honneur dans tout le département.

Retrouvez tout le programme sur le site des Amis de Jacques Rivière et Alain-Fournier

28ème Prix Alain-Fournier

Après Les heures silencieuses, paru en 2011, Gaëlle Josse est récompensée pour son 2ème roman Nos vies désaccordées. La remise du Prix a débuté par un moment privilégié d’échange et de convivialité autour du livre entre les 14 membres du jury et Gaëlle JOSSE. En fin...

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2018

2018

2018

Jean-Baptiste Andrea

Ma reine

Edition l’Iconoclaste

Jean-Baptiste Andrea

est né en 1971. Il est réalisateur et scénariste. Il a écrit et réalisé en 2003 : « Dead End » (coréalisé avec Fabrice Canepa), « Big Nothing » avec David Schwimmer et Simon Pegg en 2006, et « La Confrérie des larmes», avec Jérémie Renier et Audrey Fleurot, en 2013.
 Ma reine  (L’Iconoclaste ») est son premier roman et a reçu le Prix Femina des Lycéens, le Prix envoyé par la Poste et le Prix Premier Roman.

Synopsis

Un conte initiatique où tout est vrai, tout est rêve, tout est roman.

Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

Jean-Baptiste Andrea livre ici son premier roman. Ode à la liberté, à l’imaginaire, et à la différence, Ma reine est un texte à hauteur d’enfants. L’auteur y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées et signe récit pictural aux images justes et fulgurantes qui nous immerge en Provence, un été 1965.

« J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux. Il a plu comme ça pendant je ne sais pas combien de temps. Les vieux disaient qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ils parlaient de leurs ancêtres et de Dieuet du ciel et de tout sauf de la raison de la pluie : moi».

2017

2017

2017

Guy Boley

Fils du feu

Edition Grasset

Guy Boley

est né en 1952. Il a été maçon, ouvrier d’usine, chanteur des rues, cracheur de feu, acrobate, saltimbanque, directeur de cirque, funambule à grande hauteur, machiniste, scénariste, chauffeur de bus, garde du corps, et cascadeur avant de devenir dramaturge pour des compagnies de danses et de théâtre. Il compte à son actif une centaine de spectacles joués en Europe, au Japon, en Afrique ou aux États‐Unis. Fils du feu est son premier roman. Guy BOLEY reçoit le grand prix de la Société des Gens De Lettres (SGDL) du Premier roman pour Fils du feu le 01/12/2016.

Synopsis

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.
Dans une langue splendide, Guy Boley signe ainsi un premier roman stupéfiant de talent et de justesse.

La presse en parle

2016

2016

2016

Cécile Huguenin

La saison des mangues

Edition Héloïse d’Hormesson

Cécile Huguenin

est née en 1940. Psychologue et coach, puis animatrice d’une association humanitaire,  elle toujours fondé mes actions sur la conviction que toute personne possède un potentiel à développer. Littéraire depuis toujours, Cécile Huguenin a découvert le pouvoir des mots pour raconter la vie avec Marcel Aymé, pour la réfléchir avec Albert Camus et pour en traverser les grands espaces avec ses chers Américains, Jim Harrison, Russel Banks, Colum Mc Cann… Alors, à mon tour, elle souhaite raconter ses recherches, ses errances et ses tentatives désespérées de se sauver par l’amour.

Synopsis

Trois femmes, trois générations, trois pays, trois destins. Inde coloniale. Radhika est mariée par son père à un Major anglais, qui se révèle odieux. La naissance de leur fille, Anita, ne fait qu’exacerber sa tyrannie. Angleterre. Élevée dans la stricte tradition britannique, la petite fille s’épanouit néanmoins dans le cocon qu’elle et sa mère se sont construit. Après la décolonisation, Radhika, opprimée par son mari et nostalgique de son Inde natale, l’empoisonne et repart avec sa fille au pays. Dans l’avion, elles rencontrent François, un français passionné par l’Inde. Anita tombe immédiatement amoureuse de cet homme qu’elle épousera. De leur union naît Mira, au doux visage couleur de mangue. En France, Mira, « la quarteronne », grandit écartelée entre toutes ses cultures et se sent étrangère dans son propre pays. C’est en Afrique qu’elle parvient enfin à trouver sa place. Elle aidera Laurent, jeune français en mission humanitaire, à combattre les préjugés, et à accepter l’autre. Mais le chemin est sinueux et l’apprentissage dangereux. Personne n’en sortira indemne… La Saison des mangues est un voyage à travers les cultures, un hymne à la tolérance et au partage. Avec sa plume sensible et juste, Cécile Huguenin nous entraîne dans un univers magique où la vie n’est pas exempte de douleurs, mais sonne avant tout comme un espoir.

Finalistes

Mercredi 27 avril 2016, les membres composant le jury se sont réunis pour sélectionner les trois derniers romans en lice. Les finalistes sont :

  • – Les maîtres du printemps d’Isabelle Stibbe
  • – La chambre rouge de l’hôtel Sacher de Marie Pontacq

Vidéo

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