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1987

Jean Lods

Le bleu des vitraux

Editions Gallimard

Jean Lods

est né en 1938 à Montbéliard.
Il a passé son enfance et son adolescence à l’île de La Réunion et vit aujourd’hui à Paris.
Il a commencé à écrire de la poésie et des textes courts à la fin des années 50, et publie sa 1ère œuvre en 1973.
Jean Lods retourne pour la première fois à la Réunion, vingt ans après son départ. Pour qualifier ce retour, il parle lui-même de « choc ». A partir de ce retour, Jean Lods commence à produire des œuvres, se situant la plupart du temps sur l’île.
Ses romans racontent tous des exils où les personnages, toujours en quête d’identité, cherchent constamment un lieu à habiter.

Synopsis

Ma mère, cette femme au nom d’Anne-Sylvie ?… Cette femme semblable à une profiterole, chaude d’aspect mais glaciale à l’intérieur, qui débarque dans l’île de la Réunion un peu avant la guerre de 1940 pour notre malheur à tous… Mon père, ce planteur fortuné qui appartient à une des puissantes familles de l’île et dont l’âme décadente balance entre les gerfauts de Heredia et l’infante de Samain ?… Moi-même, ce petit Yann qui, sous l’ombre pourpre des bougainvillées, entoure Anne-Sylvie d’un amour toujours rejeté tandis que, cachée derrière les blanches colonnes de Bois-Rouge, nous surveille de sa haine vigilante la sinistre douairière noire, ma grand-mère ?…
Assistant aux obsèques de sa mère qu’il a perdue de vue depuis plus de trente ans, Yann Toulec essaie de se souvenir. Mais seule reste de son passé une poussière insaisissable. Alors l’imagination supplée à la mémoire. Alors, au rougeoiement des passions ravivées, il réinvente son histoire sans pouvoir distinguer ce qui a été de ce qui a pu être. Il reconstitue cet amour pour Anne-Sylvie qui a détruit son père et qui a fait de sa propre enfance une terre interdite où il se regarde comme un étranger. Peu à peu, tout au long de ces années recréées, s’animent les autres personnages de son drame : Lise, la fille du quartier miséreux du Butor, Bozzo, l’ami d’enfance, et, plus qu’un décor, les champs de cannes qui miroitent au soleil et descendent jusqu’aux galets du rivage que broient éternellement les rouleaux de l’océan Indien.